L’Esaip a vécu une semaine pas comme les autres. Étudiants, équipes pédagogiques et direction ont été plongés, chacun à leur niveau, dans des situations de crise simulées mais réalistes. Une mobilisation d’une ampleur inédite, à l’image des valeurs qui animent l’école depuis ses premières éditions de la Journée des Crises.
Gérer une crise, ca ne s’improvise pas
Une crise, c’est un événement soudain qui dépasse les capacités de réponse ordinaires d’une organisation. Elle désorganise, elle déborde. Mais la gérer, ça ne s’improvise pas.
Anticiper l’imprévisible, décider sous pression, coordonner des acteurs multiples, savoir communiquer, structurer l’urgence et prioriser l’essentiel… c’est un ensemble d’actions pour apporter des réponses ciblées.
C’est précisément pour aborder cet aspect que l’Esaip met en scène chaque année à travers la Journée des Crises.
Le principe : un serious game grandeur nature, où des étudiants de 4e et 5e année endossent de vrais rôles opérationnels. Directeur de cabinet du Préfet, chef du SIDPC, cellule communication, cellule anticipation, cartographie en temps réel… On ne joue pas à gérer une crise, on la gère. Avec, au compte-gouttes, ses imprévus, ses arbitrages impossibles et son brouillard informationnel.
Sujet transverse par nature, la gestion de crise ne s’arrête pas aux frontières d’une filière. Le serious game accueille ainsi, sur la base du volontariat, les étudiants du cycle Numérique. Face à l’urgence, tout le monde a un rôle à jouer.
Angers : Alerte séisme
Les étudiants angevins ont vécu le scénario « Séisme Rhodanien ». Inspiré du séisme du Teil (Ardèche, 2019), l’exercice simulait un tremblement de terre de magnitude 5,2 dans la vallée du Rhône méridionale, touchant un territoire fictif avec habitat ancien, zone industrielle SEVESO, centre hospitalier et proximité d’une centrale nucléaire.
Deux COD départementaux activés (Ardèche et Drôme) devaient coordonner leur réponse en temps réel. 4h30 de simulation pour traverser près de 32 heures de crise fictive : du choc initial à la stabilisation, en passant par la propagation de fausses informations…











Aix-en-Provence : rupture de barrage
Les étudiants aixois ont fait face à la rupture du barrage de Bimont, entraînant l’inondation du Tholonet et de plusieurs secteurs d’Aix-en-Provence.
Confinement, évacuation immédiate, nombre de victimes évoluant en temps réel… chaque minute comptait.
Cellule de crise en préfecture, cartographie des zones à risque, gestion de la presse, barrages routiers, coordination des moyens disponibles (hôpitaux, armée, secours…) Chaque mini-équipe tenait son poste, pendant que la situation se dégradait au compte-gouttes.








Et si c’était l’esaip elle-même qui était frappée ?
C’est la question qui a présidé à une initiative nouvelle cette semaine : organiser, en parallèle de la Journée des Crises étudiante, un serious game destiné aux équipes et à la direction de l’école.



Le scénario retenu ? Une cyberattaque mettant hors service les principaux moyens de communication de l’établissement. Comme pour les étudiants, les événements se sont succédé au compte-gouttes, forçant chaque partie à gérer ses prérogatives en temps réel, à s’organiser en cellule de crise et à maintenir la continuité des opérations dans un environnement dégradé.
Cette initiative traduit la volonté de l’esaip de former l’ensemble de ses équipes aux bonnes pratiques de gestion de crise et de les maintenir à jour face à des risques en constante évolution.
Pratiquer ce qu’on enseigne
Une semaine, deux campus, trois scénarios et une même conviction : la gestion de crise, ça se vit autant que ça s’apprend.
Que l’on soit étudiant en 4e année ou membre de la direction, savoir réagir face à l’inattendu est une compétence qui se construit et qui se met à l’épreuve.

